La naissance d'un volcan

   On a pu observer quelques fois la formation d'un nouveau volcan. Ce fut le cas du Paricutín, au Mexique. Après quelques jours de bruits souterrains et de secousses, le 20 février 1943 vers midi, un agriculteur sentit la terre s'échauffer; de la fumée sortait d'un sillon. À 16 heures, il entendit de nombreuses explosions et vit s'ouvrir une fissure d'une vingtaine de mètres de longueur, par laquelle s'échappaient des cendres et des débris incandescents. Ceux-ci formaient, le lendemain, un cône de 30 mètres de haut. La nuit suivante, une coulée de lave très visqueuse s'épancha. Dix jours plus tard, le cône dépassait 150 mètres et, au mois d'août de la même année, il atteignait 350 mètres avec une largeur de base de plus d'un kilomètre. La petite ville de Paricutín fut ensevelie sous les cendres, tandis que la lave parvenait au village de San Juan, qui fut détruit. Ceci est un exemple qui représente tous les phénomènes associés à la formation et au développement d'un nouveau volcan. Les grondements souterrains plus ou moins intenses, parfois accompagnés de secousses sont les signes précurseurs les plus courants. Puis, commence l'éruption proprement dite, constituée par l'émission de produits gazeux, liquides et solides (voir "Matériaux rejetés").

Paricutìn
Éruption du Paricutìn


Notre planète n'est pas simplement une boule froide réchauffée par le Soleil. En son centre, à environ 6000 km sous sa surface froide et dure, se trouve un noyau de métaux bouillant: du fer et du nickel en fusion à 7000°C! À 100 km à peine sous nos pieds, dans le manteau, le magma à l'état liquide a une température de "seulement" 1000°C.

Plus près de nous, en refroidissant, le magma s'est solidifié pour former d'immenses croûtes: les plaques tectoniques. Ces 12 plaques forment les continents et le fond des océans. Elles se déplacent lentement de quelques centimètres par année, en flottant sur l'immense mer de magma. C'est d'ailleurs la friction et les "collisions" entre les plaques qui sont responsables des tremblements de terres et des raz-de-marées.


La chaleur du magma emprisonnée sous les plaques tectoniques veut sortir, comme lorsqu'on fait bouillir de l'eau; le couvercle retient la chaleur, mais le surplus peut tout de même sortir par les côtés. La même chose se produit à l'intérieur de notre planète, là où les plaques se rencontrent. La chaleur s'échappe aux extrémités. Environ 95% des volcans se retrouvent le long des plaques tectoniques, dont les plus redoutables. D'autres volcans se retrouvent en plein centre de certaines plaques. Ils se sont formés à partir de "points chauds". Un panache de magma remonte vers la surface, sa chaleur très intense "perce" la croûte terrestre et un volcan se forme. Mais, comme les plaques tectoniques bougent continuellement, le point chaud change d'emplacement et crée un nouveau volcan ailleurs, alors que celui formé précédement meurt.

Mélanie Dufour